Peintures de chevaux

Rando cheval 5 jours

En tous lieux et à toutes époques, vous nous avez imaginé et dessinés fabuleux : Pégase, Bayard, Albourak, Epona et Sleipnir. Chevaux source, chevaux éclairs, chevaux d’abondance et aussi chevaux de l’apocalypse et des Valkyries, chevaux de mort et de destruction. Vous nous avez peints avec vous sur notre dos, chevaux supports de pouvoir, de noblesse et de puissance. Certains d’entre nous sont devenus des mythes… mais toujours associés à un de vos grands chefs. Bucéphale, Marengo, Incitatus… Cheval d’Alexandre, de Napoléon, de Caligula.

Vos peintres nous ont représentés de toutes les façons, pour exprimer vos valeurs humaines et aussi parfois vos peurs : beauté, bravoure, fidélité, liberté, rêve, aventure, guerre et tragédie. De Vinci à Degas, de Raphaël à Picasso, de Guericault à Dali, et tant d’autres encore, certains inlassables comme Stubbs ou Remington.

Mais les peintures de nous que je préfère, ce sont celles qui sont apparues au fond des cavernes, à Chauvet il y a 36 000 ans. Notre histoire commune a commencé là, dans les yeux émerveillés de vos peintres, bien avant que nous ne nous approchions les uns des autres, que nous apprenions à nous connaître et même à nous apprécier. Nous n’étions pas des mythes et pas encore des symboles ou des outils. Nous étions réels, vous et nous, et pas tellement différents de maintenant. Les mêmes attitudes, la même vivacité, le même regard sur le monde…

Alors, quand parfois vous êtes tentés de pavoiser et de parader sur notre dos, en nous demandant de nous rassembler, de nous arrondir, quand vous cherchez, à force de travail et d’entêtement, la pureté de l’allure, la franchise aux aides, la portance, le contact élastique, le piaffer, l’appuyer, l’épaule en dedans de présentation au degré près et patati et patata… quand vous râlez parce qu’on « se traverse », « s’écroule sur l’épaule intérieure », « passe au dessus de la main » ou « en dedans » ou « devant la jambe » et je ne sais pas quoi encore… n’oubliez pas s’il vous plaît que vous nous avez admirés, quand nous étions libres et que nous caracolions et cavalions à perdre haleine, comme tout cheval qui se respecte, dans les grandes plaines du paléolithique.

Parce que c’est comme ça aussi, que nous aimons nous voir dans vos yeux. Juste nous, pour ce que nous sommes.